Pourquoi je reste dans un travail confortable qui m’étouffe ?
Le dimanche soir, une amie vous demande si tout se passe bien au bureau. Vous répondez que oui, que c’est tranquille. Le salaire arrive à l’heure, l’ambiance est calme et personne ne hausse le ton. Pourtant, à l’idée du lundi, vous ressentez un serrement de gorge.
Un chien bien nourri
Un loup rencontre un chien chez La Fontaine. Le chien vante les avantages de sa vie : la soupe, les restes et les caresses. Le loup est tenté par ce confort. En marchant ensemble, il remarque un détail.
Chemin faisant il vit le cou du chien pelé.
— Jean de La Fontaine, « Le Loup et le Chien », Fables, livre I
Le loup s’interroge sur cette marque. La réponse est brève :
Qu’est-ce là ? lui dit-il. — Rien. — Quoi ! rien ! — Peu de chose. —
— Jean de La Fontaine, « Le Loup et le Chien », Fables, livre I
Le chien ne ment pas. Le collier ne provoque aucune douleur immédiate. Il l’a porté si longtemps qu’il a cessé d’y prêter attention. Pour lui, c’est réellement « peu de chose ».
Ce qui serre sans faire mal
Le loup voit la situation de l’extérieur et nomme la contrainte :
Attaché ! dit le loup : vous ne courez donc pas Où vous voulez ? — Pas toujours ; mais qu’importe ?
— Jean de La Fontaine, « Le Loup et le Chien », Fables, livre I
Le chien a fait un calcul rationnel. Le loup, lui, repart libre mais affamé. La fable ne tranche pas : ni la faim ni la chaîne ne définissent une vie.
Un travail confortable étouffe rarement brutalement. L’étouffement vient de petits renoncements invisibles. Un projet que l’on n’ose plus proposer. Une heure de départ que l’on ne discute plus. Une idée que l’on garde pour soi en réunion. Chaque concession est un « rien ». Accumulées, elles finissent par peler le cou au même endroit.
L’épuisement total est un autre sujet. Il s’agit ici de l’usure discrète d’un environnement où tout semble fonctionner. Le lien aux choses que l’on possède fait l’objet de sa propre page. Le sentiment d’être toujours ailleurs est traité ici. Cette page s’arrête au collier que l’on ne sent plus.
Mon « peu de chose »
Quand on me demande comment se passe mon travail, à quoi est-ce que je réponds « rien, peu de chose » ?
Epimelea est une application de thérapie construite autour de l’école existentielle. La conversation reprend d’une séance à l’autre. L’archive est chiffrée sur l’appareil et appartient à la personne qui l’a écrite.
L’application : psychologue IA, suivi psychologique en ligne
Cette page parle d’une école de psychothérapie. Ce n’est ni un avis médical ni un service d’urgence. Si vous êtes en danger maintenant, appelez le numéro d’urgence de votre pays. En France, le 3114, numéro national de prévention du suicide, répond gratuitement jour et nuit. Ailleurs, trouvez une ligne d’écoute sur findahelpline.com.
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