Epimelea

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Les quatre préoccupations ultimes

En 1980, le psychiatre américain Irvin Yalom publie Existential Psychotherapy. Le livre paraît en français en 2008 chez Galaade, sous le titre Thérapie existentielle, dans une traduction de Laurence Richard. Il est aujourd’hui disponible au Livre de Poche.

Le premier chapitre, l’introduction, pose la thèse sur laquelle repose tout le reste. L’angoisse ne vient pas seulement d’un conflit entre des pulsions, ni d’un conflit avec l’entourage. Elle vient aussi de la rencontre avec quelques données de l’existence qui valent pour tout le monde, quelle que soit son histoire.

D’ordinaire, on ne les voit pas. Elles se montrent dans ce que Yalom appelle, après Jaspers, des situations-limites. Se trouver face à sa propre mort en est une. Une décision irréversible en est une autre. L’effondrement de ce qui donnait sens à une vie aussi.

« Cet ouvrage traite de quatre de ces “enjeux” ultimes : la mort, la liberté, l’isolement fondamental et l’absence de sens. »

— Irvin D. Yalom, Thérapie existentielle, chapitre 1, « Introduction »

La traduction française dit « enjeux ultimes ». Ailleurs, on lit plus souvent « préoccupations ultimes », calqué sur l’anglais ultimate concerns. Il s’agit des mêmes quatre choses. Le livre en consacre une partie à chacune.

La mort

C’est la plus évidente. Le conflit oppose un savoir et un désir : on sait qu’on va mourir, et on veut continuer à être. Yalom cite Spinoza et l’effort de chaque chose pour persévérer dans son être.

Pour lui, la peur de la mort n’est pas un symptôme qu’on ferait disparaître. Elle n’a rien d’une erreur. Ce qui peut changer, c’est le rapport qu’une personne entretient avec elle. Celui qui tient toujours à distance l’idée de sa propre fin remet souvent sa vie à plus tard.

La liberté

Le mot ne désigne pas ici un confort. Être libre, dans ce livre, veut dire qu’aucune structure extérieure ne tient le monde à la place de chacun. Chacun est l’auteur de ses choix, de ses projets, de ses actes. Le sol, d’un coup, n’est plus sous les pieds.

La deuxième partie parle surtout de ce qu’on fait pour ne pas le sentir. Ses deux chapitres s’intitulent « La responsabilité » et « Le vouloir ». On attend qu’un autre décide. On confie sa décision à un symptôme, à un conjoint, à un diagnostic.

L’isolement

Yalom ne parle pas de solitude au sens courant, celle qu’une présence soulage. L’isolement existentiel est plus étroit. Il reste un écart entre deux personnes, même quand elles se sont tout dit. Chacun entre seul dans l’existence et en sort seul.

Aucune relation ne comble cet écart. La troisième partie montre ce qui arrive quand on l’exige quand même d’une relation. L’autre doit alors tenir une place intenable.

L’absence de sens

Le dernier conflit tient à une situation simple à énoncer. Un être qui a besoin de sens se trouve jeté dans un monde qui n’en fournit aucun. Si rien n’est donné, le sens se construit, et on peut savoir qu’on l’a construit.

Yalom suit ici Viktor Frankl sur un point : il refuse d’y voir une défaite. Il s’en écarte sur un autre : il ne dit pas quel sens il faudrait trouver.

Ce qu’écoute le thérapeute

Freud décrivait une chaîne : la pulsion, l’angoisse, la défense. Yalom garde la forme et change le premier terme. Au départ, il y a la conscience d’un enjeu ultime. L’angoisse suit, puis les défenses qu’on construit contre elle.

Les quatre ne forment donc pas une grille de diagnostic. Personne n’est rangé dans l’une d’elles. On les écoute sous la plainte qui amène quelqu’un en thérapie. Une personne bloquée devant un choix de carrière parle peut-être de liberté. Une autre, qui défait sa vie à quarante-cinq ans, parle peut-être de la mort.

Pour Yalom, aller en profondeur ne veut pas dire remonter dans le passé. L’enfance compte, mais elle n’explique pas tout. Les quatre enjeux sont là pour chacun, quelle que soit la façon dont il a été élevé.

Qu’est-ce qui, en moi, ne s’explique pas par mon histoire ?


Epimelea est une application de thérapie construite autour de l’école existentielle. La conversation reprend d’une séance à l’autre. L’archive est chiffrée sur l’appareil et appartient à la personne qui l’a écrite.

L’application : psychologue IA, suivi psychologique en ligne


Cette page parle d’une école de psychothérapie. Ce n’est ni un avis médical ni un service d’urgence. Si vous êtes en danger maintenant, appelez le numéro d’urgence de votre pays. En France, le 3114, numéro national de prévention du suicide, répond gratuitement jour et nuit. Ailleurs, trouvez une ligne d’écoute sur findahelpline.com.

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