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La logothérapie et la volonté de sens

Viktor Frankl était psychiatre et neurologue à Vienne. Il est déporté en 1942. Il passe par Theresienstadt, puis Auschwitz, puis des camps annexes de Dachau. Ses parents, son frère et sa femme n’en reviennent pas. Peu après la libération, il écrit le livre connu en anglais sous le titre Man’s Search for Meaning.

En français, le livre s’appelle Découvrir un sens à sa vie. Une première traduction, de Clifford J. Bacon, paraît en 1988 aux Éditions de l’Homme, à Montréal. L’édition de poche de J’ai Lu, sous le titre Découvrir un sens à sa vie grâce à la logothérapie, est traduite par Clifford J. Bacon et Louise Drolet.

Le livre compte deux parties. La première raconte les camps. La seconde s’intitule « La logothérapie en bref ». Frankl y expose, sans appareil savant, l’école qu’il a fondée. Le titre français a retenu un verbe qui résume assez bien sa thèse : découvrir.

Une troisième volonté

Frankl se situe par rapport à deux prédécesseurs viennois. Chez Freud, il voit une volonté de plaisir. Chez Adler, une volonté de puissance. Lui place en premier autre chose : le besoin d’avoir une raison de vivre. En anglais, will to meaning. En français, on dit volonté de sens.

La seconde partie s’ouvre sur « La recherche d’un sens à la vie ». Frankl y refuse une lecture courante. Le sens ne serait qu’une rationalisation après coup, une manière d’habiller des pulsions. Pour lui, c’est l’inverse. La recherche de sens est une motivation à part entière, et la première.

Quand la question reste ouverte

Certaines souffrances, selon Frankl, ne viennent pas d’un conflit entre des pulsions. Elles viennent d’un conflit de valeurs, d’une question de sens restée sans réponse. Il les appelle névroses noogènes, du grec noos, l’esprit. Le chapitre porte ce nom.

Le suivant, « La noodynamique », conteste une autre idée reçue. L’être humain ne chercherait pas d’abord l’équilibre, l’absence de tension. Frankl pense qu’une certaine tension est saine. C’est l’écart entre ce qu’on est et ce qu’on a encore à accomplir.

Vient ensuite « Le vide existentiel ». Frankl décrit un ennui propre à son siècle. L’instinct ne dit pas à l’homme ce qu’il doit faire. La tradition ne lui dit plus ce qu’il devrait faire. Il lui arrive alors de ne plus savoir ce qu’il veut. Il fait comme les autres, ou il fait ce qu’on lui ordonne. Frankl ne présente pas ce vide comme une maladie. Il y voit un fait d’époque.

Pas de sens en général

Le chapitre « Le sens de la vie » écarte la question telle qu’on la pose d’habitude. Demander quel est le sens de la vie en général revient, pour Frankl, à demander à un joueur d’échecs quel est le meilleur coup au monde. Il n’y a de bon coup que dans une partie donnée. De même, le sens est celui d’une personne, à un moment précis.

Frankl retourne alors la question. Ce n’est pas l’homme qui interroge la vie. C’est la vie qui l’interroge, et il répond par ce qu’il fait. D’où le titre du chapitre suivant : « La responsabilité, essence de l’existence ».

Trois lieux

Trois chapitres suivent : le sens de l’accomplissement, celui de l’amour, celui de la souffrance. On les lit souvent comme une méthode en trois étapes. Frankl décrit plutôt trois endroits où il a vu des gens trouver une raison de vivre. Une œuvre, une chose faite qui n’existerait pas sans eux. Un être aimé pour lui-même. Et, quand plus rien ne peut changer, l’attitude prise devant une souffrance inévitable.

Ce troisième point est le plus mal compris. Frankl ne dit pas que la souffrance a un sens en elle-même. Pour lui, une souffrance évitable doit être évitée. Il dit seulement qu’une souffrance sans issue laisse encore un choix, celui de la manière de la vivre. Ce choix n’appartient qu’à celui qui souffre.

Les derniers chapitres vont plus loin. « Le super-sens » évoque un sens qui dépasserait ce qu’un homme peut en comprendre. « La vie est éphémère » soutient que le passé n’est pas perdu. Ce qui a été fait reste fait.

Trouvé ou donné

Tout le livre repose sur une conviction. Le sens se trouve, il ne s’invente pas. Personne ne peut le fournir à un autre. Un sens prescrit par un thérapeute resterait celui du thérapeute. Il céderait dès qu’il commencerait à coûter quelque chose.

Le logothérapeute ne distribue donc pas de réponses. Son travail consiste à élargir le champ de vision de la personne, jusqu’à ce qu’elle voie ce pour quoi elle vit déjà.

Tout le monde n’a pas suivi Frankl sur ce point. Irvin Yalom lui doit beaucoup. Pourtant, dans les quatre préoccupations ultimes, il penche pour un sens que chacun construit. Les deux hommes s’accordent sur l’essentiel : l’absence de sens n’est pas une défaite. Ils se séparent sur l’origine de ce sens.

Ce qui me fait tenir, est-ce que je l’ai trouvé, ou est-ce que je me le suis donné ?


Epimelea est une application de thérapie construite autour de l’école existentielle. La conversation reprend d’une séance à l’autre. L’archive est chiffrée sur l’appareil et appartient à la personne qui l’a écrite.

L’application : psychologue IA, suivi psychologique en ligne


Cette page parle d’une école de psychothérapie. Ce n’est ni un avis médical ni un service d’urgence. Si vous êtes en danger maintenant, appelez le numéro d’urgence de votre pays. En France, le 3114, numéro national de prévention du suicide, répond gratuitement jour et nuit. Ailleurs, trouvez une ligne d’écoute sur findahelpline.com.

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